Avec son visage, Paz a créé une
rue, une rue à la fois extrêmement personnelle, secrète
et solitaire, et une rue universelle, la rue où nous aimerions
errer tous, à la recherche de rien, entre fiction et réalité,
la rue de la Paix, Paz : paix, c'est ce que signifie son nom en
portugais. Elle me l'a dit à mi-voix.
Et déjà les consonances rudes de la plus étrange
des langues romanes cliquètent dans la mémoire de
l'immense joie des paysages en bord de mer que j'ai connus là bas
autrefois, le tragique des chants désespérés
du fado quand j'essayais d'oublier quelquechose ou quelqu'un qui
avait disparu étrangement ... évanoui tragiquement
pour toujours entre les mailles du temps.
C'est un visage pas tragique du tout, pourtant, le visage de Paz,
parsemé de taches de rousseur, d'une belle couleur que
l'on a envie de prendre entre les mains, mais de loin sans l'effleurer,
une couleur amicale douce et vivifiante comme le miel - buriné contre
les vents de la vie, ouvert et mystérieux comme les choses
essentielles, les matières premières de la création
: eau, feu, terre, air ...
Le visage de Paz est acceptation du visible, quand le visible
s'élève
un peu à notre hauteur, comme une baudruche que l'on lance
au large des ciels, pour les enfants, pour nos amants, pour les
gens qu'on aime.
Ses mains : toute l'amitié du monde s'y reflète.
Mer montagne vallée ... Le visage de Paz est un paysage
immense, un roman sans fin, de vie et de mort, qui raconte sans
concession la joie et la tristesse la difficulté et la facilité,
son intime paradoxe, sa foi et sa distance.
Solitude sans ambiguïté et présence émue.
Paz est là, dans sa rue et nous fait voir ce que nous voyons,
en perspective.
Cachée, elle ne l'est pas pas plus qu'évidente ou
apparente.
Sa présence, son absence sont essentielles.
Elle est en nous maintenant, comme une virtualité, un rapport
presqu'intime, elle ne peut plus disparaître du jour au lendemain,-
elle nous l'a dit avec sa sincérité - comme si la
paix n'avait jamais existé.
Aujourd'hui et toujours, nous remontons la rue vers ce sourire à peine
esquissé, un regard plissé, presque les yeux fermés,
qui nous fait signe que l'on peut avancer. Tout doucement, à pas
comptés, certes, et sans laisser de traces trop personnelles.
Quelques pas de neige , et encore ... à peine ...
L'abord de la rue, ensuite son escalade ne coulent pas de source,
il faut un peu de persévérance, de la ténacité même,
savoir escalader la paix car cette paix que nous avons acquise
l'espace d'un regard reste à conquérir ensuite éternellement.
Ici et ailleurs. Pour nous et pour tous.
Si la paix de Paz, de sa rue et de ses habitants
reste en nous, on ne peut pas savoir si ce chemin est aussi le
nôtre
Ou à côté -
Je l'ai rencontré au beau milieu des autres,
entière, différente. Au premier point de travers, elle dit, tout
de suite, en tirant. Et moi, comme les autres "c'est quoi ça,
qui n'est pas en ligne!". Plus tard, elle ne dit pas, elle crie.
Volée, elle tire tout de suite, bien fort, excessive "Eh, toi
qui m'as volé, merci, tu me donnes mérite et raison. Tu aurais
pu me le demander!". Excessive, femme entière, fachée, telle
quelle.
J'ai voulu la voir de près,
la connaître. Je n'y ai pas perdu.
L'amitié, immédiatement. Bonne, forte, savoureuse,
des échanges en défi, des rencontres, des conseils. Des idées
en catadoupe autour du thème de la Femme Invisible. L'Art, la
Création, la Connaissance, l'Amour.
Tina a des cheveux fous, imenses, maille
révolte de poèmes qui se mêlent et entremêlent
et s'envolent, fumée plaisir-désespoir d'une bonne
cigarette étrangère.
Le futur: des Voyages, des Découvertes,
des Vécus,
L'Objectif: Femmes, existez!
Je serais là, avec toi, Tina.
A mulher que diz
Encontrei-a no meio dos outros, inteira
e diferente. Ao primeiro pesponto, logo disse, atirando. E eu,
como os outros, "que é isto, que não condiz!". Mais tarde, não
só disse como gritou. Roubada, logo atirou, alto, excessiva "Obrigada,
tu que me roubas, dás-me mérito e razão! Podias ter-me pedido!".
Excessiva, mulher inteira, zangada, assim.
Quis vê-la melhor de perto, conhecê-la. Não
perdi.
A amizade,
logo. Forte e boa, saborosa. Conversas-desafios, encontros,
conselhos. Ideias em catadupa em torno do tema da
Mulher Invisível. A Arte, a Criação, o Conhecimento,
o Amor.
A Tina
tem cabelos loucos, imensos, rede revolta de poemas que se
enovelam, se emaranham e se desprendem, como fumo de prazer-desespero
de um cigarro bom, estrangeiro.